On ne change pas une formule qui marche, surtout celle des Liminanas à base de Pop Garage Psyché mâtinée ici d'un petit surplus Post Punk à base de Suicide bien digéré, notamment sur les titres bénéficiant de la présence de l'incontournable de l'étape j'ai nommé l'irremplaçable Pascal Comelade.
lundi 24 mars 2025
A ne pas confondre avec la formation Post-Jazz de Cologne, ce C.A.R. ici présent désigne Chloé Alexandra Raunet (également membre de l'excellente formation Battant), productrice gravitant autour de la structure Kill The DJ de Chloé (Thevenin) et Ivan Smagghe. On vous présente deux de ces albums avec leurs versions remixées par des gens talentueux (Radioactive Man, Suzanne Kraft, Peaking Lights ...) ainsi qu'un Ep dancefloor tubesque co-signé avec Patrice Baumel sur Kompakt. Avec l’aide du légendaire Steve Osborne (Happy Mondays, New Order, A-Ha…) à la production, C.A.R. convoque l’âge d’or de la new wave et du post punk bien claustrophobe.
On a adoré le dernier album, voici le premier de ce trio féminin venu comme par hasard de Chicago. Ce qui fait la renommée de Horsegirl est tout simplement la fusion de plusieurs genres musicaux pour en faire un disque absolument saisissant qui est produit par le vétéran John Agnello. Sur cet opus on verra donc le trio arpenter des influences tantôt grunge tantôt shoegaze sur des morceaux aussi bien accessibles qu’expérimentaux tels que l’entrée en matière nommée « Anti-Glory » aux airs post-punk ou bien encore l’entraînant « Beautiful Song » rappellant aussi bien Sonic Youth que Guided By Voices et The Clean ainsi que le plus glauque « Live and Ski » aux doux airs de Wire.
jeudi 20 mars 2025
A mi-chemin entre le Dub, le Jazz, l'Electronica, le Minimal ou l'Electro Mid Tempo / Trip Hop, le producteur allemand Burnt Friedman est un personnage aussi à part qu'incontournable sur la scène allemande, et ce depuis bien plus longtemps que ne le laissaient supposer ces albums de la fin 90's, époque où l'on avait découvert pour la première fois son œuvre si originale. Car dés les 80's, période pourtant marquée par des productions aux timbres douteux, les orchestrations et la pertinence des titres du jeune Friedman laissaient rêveur. Génie un jour, génie toujours.
De John Cage à John Adams en passant par Brian Eno, l'américain Bruce Brubaker aime les hommages à ses maîtres. Pianiste capé de l'illustre Juilliard School new-yorkaise, éminent spécialiste de John Cage, il fut aussi le professeur de Francesco Tristano, ce virtuose du crossover électro-classique qui a ouvert à son ancien maître la porte du label Infiné. C’est au sein de cette petite maison parisienne qu'il sort cette relecture personnelle de l'œuvre du minimaliste Philip Glass, tout en précision et méticulosité.
Post Shoegaze, le retour ! le genre n'en finit pas de ressusciter à coup d'artistes inventifs comme Black Hearted Brother, signant un brillant opus où se mêlent lignes de basses piquées aux mythiques Pale Saints et dimension cosmique du meilleur effet. Derrière ce nom on retrouve quelques figures légendaires du genre, à savoir Neil Halstead, leader de Slowdive (mais aussi Mojave 3) ainsi que Mark Van Hoen, l'homme de Seefeel et de Scala. Bref, une concentration de génies au mètre carré qui force le respect.
mercredi 12 mars 2025
On a déjà évoqué ici le cas de cette formation Post-Jazz aux idées larges. Né à Cologne, il joue ici la carte d'un Jazz contemplatif aux doux accents oniriques comme une géniale descente qui n'en finirait jamais. Après une incursion dans l'univers des reprises pop et électro sur leur EP « Interlude » de 2017, le groupe revient à ses compositions originales. Sur cet album, on retrouve tous les éléments sonores adoptés par C.A.R. au cours de ses sept années d'existence. Des mélodies composées aux sons improvisés, des collages ambiants aux rythmes de Düsseldorf. Mais tout cela sans limites conceptuelles ni orchestrations formelles, toujours centré sur le flux naturel de la musique.
On ne présente plus l'ex-Blackstrobe Arnaud Rebotini qui, après des années à avoir enflammé les dancefloors du monde entier à coup d'Electro sombre et analogique, s'est orienté depuis 2017 vers le monde de l'image avec ses nombreuses BO pour des films comme Eastern Boys, 120 battements par minute, le vent tourne, curiosa, occhiali neri et donc ici l'Ile Rouge de Robin Campillo, formidable chronique de l'enfance du réalisateur à Madagascar. La bande-son est d'une maîtrise totale, tout en clair-obscure et inquiétante étrangeté, cultivant à la fois une mélancolie et une tension quasi surnaturelle grâce à des textures envoûtantes et hypnotiques.
lundi 10 mars 2025
Dernier album en date pour ce duo composé de Nicola Kuperus et Adam Lee Miller oscillant entre EBM, Electroclash et Post Punk énervé avec une voix féminine façon Siouxsie Sioux. Artistes protéiformes si il en est, le duo pratique également la sculpture, la peinture, des films, des photographies, des performances, des vidéos et des installations. Ils s'efforcent de croiser les lignes entre l'art et l'audio.
Mirage est une collaboration cosmique entre les Silver Apples et Makoto Kawabata du groupe japonais Acid Mothers Temple, soit parfaitement à mi-chemin entre le Psyché, le cosmique et le Krautrock. Un disque miraculeux et dédié à la mémoire de Simeone Coxe, décédé le 8 septembre 2020 alors que ce projet était en cours.
Voici un revival auquel on avait échappé jusqu'à maintenant j'ai nommé le Prog- Folk, genre qui connu son heure de gloire dans les 70's et qui mêlait ambiance terroir et prétention orchestrale. Voici donc son grand retour avec le troubadour Richard Dawson, britannique bientôt aveugle qui pratique donc un Folk aussi sombre que dantesque, avec pour accompagner le tout une voix bien mise en avant capable de toutes les acrobaties vocales. Cela peut se révéler fatiguant à la longue pour certains auditeurs, mais quand on est face au premier titre de l'album the ruby cord qui dure la bagatelle de 41 mn (!) et qui nous fait croiser le spectre de The For Carnation, la formation sublimissime de l'ex-Slint David Pajo, on est juste sidéré.
dimanche 9 mars 2025
Que sont devenus nos héros de l'international Post Rock ? La routine, toujours la routine.... Axe tension / détente, montées hypnotiques, faux calme trompeur, Drone humain et langoureux, déchaînement nihiliste, psychédélisme à tous les étages et hymnes anarchistes ravageurs. On ne s'en lasse pas.
Que sont devenus nos héros de l'international Post Rock ? La routine, toujours la routine: le fameux axe tension / détente, le faux calme et le bruit maîtrisé, les harmonies Pop et les discrètes dissonances, sans oublier la présence de sobres rythmiques électroniques... On ne s'en lasse pas.
David Nattkemper alias David August, producteur de Hambourg, revient avec un album hypnotique inspiré de la vie et du travail du peintre baroque Caravage. Le résultat ne peut être rangé dans un genre en particulier. On y retrouve à la fois des sons de pop baléaric, de post-rock, de jazz noir et du style des Forest Sword pour finalement donner un album terriblement personnel.
jeudi 6 mars 2025
Attention, petit bijou d'Indie-Pop ! Si vous aimez Stereolab, Yo La Tengo, Pavement et Jonathan Richman, cet album est pour vous. 2 albums au compteur pour ce trio féminin de Chicago, haut lieu d'une esthétique indépendante et fortement attachante qui ressuscite avec grâce l'esprit Indie des 90's.
Projet du producteur russe Alex Gusman alias Aleksey Guskov, Nightdrive nous propose le souffle de l'hiver, l'excitation, les espoirs inassouvis, avec au loin une luminosité, une porte ouverte. Comme quoi l'Electro House à tendance Progressive que produit ce jeune homme mène à tout.
mardi 25 février 2025
Belle actualité du Rock Psyché avec le dernier album en date de Rajan, projet du guitariste fou américain Lee Blackwell qui a déjà 7 albums au compteur depuis 2011, le tout sorti sur l'attachant label londonien Fuzz Club, spécialiste autant du Shoegaze, de la Noise, du Blues, du Garage que des expérimentations diverses et variées. Ici Blackwell voit large, profond et coloré. Beaucoup des morceaux présentés ici s’étirent dans le temps en dessinant progressivement, par la juxtaposition des couches de sons variés, un espace que l’on n’aura jamais aussi peu hésité à qualifier de psychédélique. La mélodie, ici, ne fixe pas l’auditeur pour déterminer ses mouvements, elle le convie au délassement du corps pour qu’il s’abandonne à la rêverie.
lundi 24 février 2025
Nick Cave se lance dans l’univers du spoken word avec Warren Ellis. Comme son nom peut le laisser sous-entendre, Seven Psalms est composé de sept psaumes. Ces dernières ont été écrites lors de la pandémie. « En confinement, j’ai écrit un certain nombre de psaumes, ou de petits chants sacrés – un par jour pendant une semaine », explique l’artiste par voie de communiqué. « Les sept psaumes sont présentés comme une longue méditation – sur la foi, la rage, l’amour, le deuil, la miséricorde, le sexe et la louange. Une offrande […] contemplative, issue d’un temps incertain », énumère-t-il.
On aime beaucoup (cf. ici) le producteur italien Alessandro Adriani qui, avec son projet Newclear Waves entre 2005 et 2012, a relancé avec force le courant Darkwave / Synthwave Post Punk à coup de musiques sombres et dansantes absolument imparables. Il est aussi le boss de l'incontournable label Mannequin, gros pourvoyeur du genre. L'actualité et la pertinence de son esthétique laisse en tout cas rêveur¨.
On ne vous fera pas l'injure de présenter Carsten Nicolai alias Alva Noto, grand gourou de l'Ambient Electro minimaliste dont le travail sur le grésillement et la profondeur de champs a toujours constitué une source d'intense fascination pour l'auditeur que je suis. Son travail fait aussi écho au monde de l'image et du spectacle vivant, comme le prouve cette bande originale pour la pièce de théâtre « Komplizen » de Simon Stone, tirée de l'œuvre du révolutionnaire russe Maxime Gorki « Les Enfants du Soleil ».
Un des derniers EP en date pour un de nos producteurs électroniques espagnols préférés (cf. ici). AFFKT nous fait vibrer et nous touche avec une musique qui sert à la fois d'hymnes de danse et de thérapie émotionnelle.
dimanche 16 février 2025
Winged Wheel est un supergroupe indie composé de Whitney Johnson (Matchess, Damiana), Cory Plump (Spray Paint, Expensive Shit), Matthew J. Rolin (Powers/Rolin Duo) et Fred Thomas (Idle Ray, Tyvek). L'autre originalité est que l'album a été composé à distance, les musiciens s'envoyant leurs différentes parties via les réseaux. Quant au résultat, il s'agit d'une manière de Shoegaze mâtiné de Psyché et de voix fantomatiques pour un résultat dantesque.
Second album pour ce trio britannique actif depuis 2015 (et des débuts sur la formidable structure Leaf) et qui incarne au mieux le renouveau du Jazz Funk 2.0 avec l'ajout de textures électroniques et d'une bonne dose de psychédélisme. Ce n'est pas toujours de tout repos (le saxophone et la clarinette de Shabaka Hutchings sont particulièrement mis en avant) mais la capacité du trio de composer de véritables tubes (summon the fire) compense largement !
A ne pas confondre avec le trio britannique emmené par un ancien Hood, il s'agit ici d'une formation australienne active depuis 2003 et auteur de trois albums d'obédience Post Rock instrumental et cinématique au possible, rappelant ainsi les grandes heures de Scenic dans les 90's. On évoquera aussi les noms de Morricone, Godspeed You Black Emperor ainsi que leurs confrères Post Jazz de The Necks pour compléter ce tableau cinémascope aux accents désertiques évidents.
Version "augmentée" d'une compilation d'inédits sortie en 2015 et que l'on retrouvait aussi dans un magnifique coffret intitulé The Boats Archive. Il s'agit ici d'une ballade d'une heure via un Ambient Drone Post Rock hypnotique et envoûtant à souhait, le tout étant signé The Boats, à savoir un duo (actif depuis 2009) devenu trio et dans lequel on retrouve Craig Tattersall, membre fondateur des séminaux Hood (mais aussi Remote Viewer, Famous Boyfriend et plus tard The Humble Bee), soit le meilleur du Post Rock à brouillard britannique des 90's. Autrement dit un petit génie toujours présent 30 ans après ses premiers faits d'armes sonores.
samedi 15 février 2025
Réédition d'un classique de l'œuvre de The Black Dog (soit Ken Downie, seul derrière le projet après le départ de Ed Handley et Andy Turner partis fonder Plaid), initialement paru en 2005 sur le label Dust Science Recordings de Martin et Richard Dust. C'est le début d'une longue collaboration entre eux et Downie qui verra Black Dog s'orienter vers des contrées électroniques de plus en plus oniriques et abstraites (Post Rave pour faire court), sans toutefois évacuer complètement la question du groove.
mardi 11 février 2025
On a déjà évoqué ici cette formidable formation texane qui pratiqua à la fin des 90's une Indie-Pop minimaliste et hypnotique à base de légers grooves terriblement addictifs, une sorte de Drone Pop qui reprenait le flambeau laissé par les Feelies au début des 80's. Le formidable label de réédition Numero Group a sorti un superbe coffret reprenant l'essentiel des albums ainsi qu'un nombre important d'inédits dont on vous propose ici 5 titres. Ce qu'on appelle un trésor caché.
Avant dernier album en date pour cette brillante formation canadienne, à mi-chemin entre Krautrock, Shoegaze, Jazz et textures électroniques envoûtantes, le tout accompagné de vocaux flegmatiques (tendance Robert Wyatt) comme on les aime. Si un certain lyrisme façon Radiohead peut nuire à leur prestation scénique, leur aventure en studio est au contraire d'une sobriété à toute épreuve.
Après quelques années de traversée du désert (40 ans ?), la bonne ville de Nancy semble redevenir une place forte en matière de grooves décalés comme le prouve NCY Milky Band, joyeux quartet aux confins du Jazz, de la Pop , du Psyché et de l'Electro aventureuse pour un résultat très efficace.
Au départ il s'agit d'une formation Pop féminine japonaise (Nav Katze signifiant chat nerveux) qui a débuté au milieu des 80's. En 1996 leur producteur prend les commandes et oriente le groupe vers des contrées beaucoup plus électronique, notamment via cet album qui présente des versions remixées par le haut niveau européen de l'époque en matière d'Ambient / IDM / Electronica, j'ai nommé Aphex Twin, Global Communicaton ou Black Dog, pour un résultat qui a formidablement bien vieilli.
lundi 10 février 2025
Dernier album en date (le 6ème depuis 2006) pour le producteur britannique Nathan Fake qui confirme sa position dominante en matière d'électronique inventive. Lorsque il a émergé au début des années 2000, il faisait partie d’un petit groupe de jeunes qui produisaient une musique aussi composite que fascinante, à mi-chemin entre techno, trance, IDM, house progressive et minimal. Comme pour prouver son indépendance, Fake a largement abandonné les conventions des clubs pour se plonger plutôt dans des textures shoegaze et des rythmes krautrock diamétralement opposés aux outils DJ claquants de l’époque. Au cours des 20 dernières années, le natif de Norwich a développé un style très singulier : sa batterie est noueuse et saturée, et ses synthés sont aussi déchiquetés et lumineux que des géodes ouvertes.
mercredi 29 janvier 2025
On aime beaucoup ce producteur américain magicien du synthé, compositeur de bandes sonores et membre de Zombi. Il développe ici son esthétique cosmique aussi austère que dramatique avec ce EP de 2024. Ses arpèges froids et ses constructions rythmiques basiques alimentent ses productions épiques centrées sur des paysages de synthés planants et immaculés. Du beau travail !
La scène Ambient / Electronica britannique se porte bien avec l'arrivée de sang neuf comme ce producteur de Leeds du nom de Steve Hadfield. Sa musique se définit par une approche électronique et rythmique de la musique ambient. Ses chansons sont souvent courtes, bien composées et propulsives, mais baignées d'éclairs lumineux de boucles et de drones. Du beau travail digne des labels Warp ou Rephlex.
mardi 28 janvier 2025
Deux opus de 2023 et 2024 scellant l'union de deux virtuoses, au piano pour Moore et à la guitare pour Gunn, pour un résultat d'une beauté Post Rock sidérante de mélancolie et de silences qui en disent long. On y trouve des échanges improvisés entre la guitare classique et le piano, et un lieu de rencontre où deux artistes font connaissance par le biais d’un dialogue instrumental sans que rien ne vienne les distraire de la joie et des possibilités de la collaboration. Des tableaux mélodiques surgissent, dérivent et se dispersent à travers des espaces ouverts et sereins, peints dans des teintes terreuses de cordes de nylon et de claviers ondulants et doux.
Premier album à la pochette discutable pour ce prometteur producteur (Steve MacKinnon de son vrai nom) d' Electro House de Boston. Oscillant entre obscurité et lumière et écrit en grande partie pendant le confinement, le disque passe de la Deep House au Minimal trippant pour notre plus grand bonheur.