Jemima
If I Remember
Jemima est un duo londonien dont les influences post-rock et avant-folk/lo-fi – façon Movietone, Palace ou encore Gastr del Sol constituent d’évidents points d’ancrage. Des titres comme What is it ou Coming Over nous projettent en terrain connu : boucles arythmiques et vacillantes, guitares éthérées et collages sonores bancals contribuent à une esthétique folk soustractiviste, qui n’est pas non plus sans rappeler les travaux hypnagogiques typiques de The Caretaker. Mais c’est aussi par l’évidence de son écriture que le disque s’impose à l’auditeur. Les lentes dérives harmoniques côtoient les arpèges d’une guitare dont la fragilité assumée confère au disque une beauté sidérante – les guitares folks jouées à la limite du geste côtoient des samples dont la texture affronte l’expérience de la détérioration (« un discours quasi-inaudible issu d’un documentaire inconnu », comme l’indique la notice qui accompagne le disque). Where did the birds go when it rained convoque un art de la boucle et de sa dégradation qui rappelle William Basinski et ses fameuses The Disintegration Loops. Car c’est précisément la figure de la spectralité qui constitue le fil directeur d’un disque dont le régime d’écoute est celui de la dissolution fantomatique.



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